Les relations alambiquées de la RDC avec ses voisins à l'est
Les combats se poursuivent aux abords de Goma, dans le Nord-Kivu. Dans cette région de l'est de la République Démocratique du Congo, l’armée congolaise affronte, entre autres mouvements armés, les combattants du M23. Ces violences provoquent des mouvements de population de grande ampleur. La localité de Sake, par exemple, se vide de ses habitants, et des camps de réfugiés sont pris pour cibles par des tirs.
Mais une fois de plus, les implications de ces violences dans l’EST de la RDC dépassent les frontières congolaises.
Feue la CEPGL
Le principal allié à l’est de la République démocratique du Congo, c’est le BURUNDI. Les deux présidents, Felix Tshisekedi et Evariste Ndayishimiye, ont multiplié les visites réciproques. Ils entretiennent des relations personnelles qui ont permis des accords bilatéraux au-delà du cadre formel défini par la Communauté économique des pays des Grands Lacs, ou CEPGL.
Créée en 1976, cette organisation a pour objectif de garantir la sécurité de ses Etats-membres et de promouvoir les échanges économiques, culturels et touristiques entre eux.
Mais depuis plusieurs années, cette structure est au point mort en raison d’un déficit de paiement des cotisations des Etats-membres et des tensions du Burundi et de la RDC avec le RWANDA.
Bob Kabamba, politologue et professeur à l'Université de Liège, en Belgique, estime que "la seule chose qui reste entre ces trois pays en termes de dynamique positive, c'est le fait qu'on a permis aux membres de ces Etats de circuler librement grâce à une "autorisation spéciale de circulation"."
Hormis cela, selon le chercheur, "tous les investissements et les entreprises qui avaient été créés par le cadre communautaire sont pratiquement à l'arrêt."
L'alliance de la RDC avec le Burundi
Entre le Burundi et la RDC il existe aussi des relations commerciales privées, c’est-à-dire un fort commerce frontalier qui est une source de revenus pour de nombreuses familles des deux côtés de la frontière.
Le Burundi et la RDC ont en effet signé des accords particuliers de défense qui ont permis le déploiement de troupes burundaises dans le SUD - et le Nord-Kivu.
Mais, note Bob Kabamba, c’est le Trésor public congolais qui finance ces troupes. Or les FARDC doivent aussi participer au financement de la mission de stabilisation sous-régionale de la EAC (Communauté d'Afrique de l'Est) et à celui des miliciens Wazalendo qui leur prêtent main forte dans les combats contre les groupes armés.
Ce rapprochement avec la RDC a permis au Burundi de sortir un peu de son isolement diplomatique, mais aussi au contre-coup des sanctions internationales qui pèsent sur lui. Et enfin, la RDC est désormais un allié francophone de poids pour le Burundi, dans une EAC dominée par les Etats à majorité anglophone.